Les bâtards JUMINER Bertène

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Deux raisons manifestes justifient la réédition du premier roman de Bertène Juminer, publié en 1961. Tout d'abord, parce qu'il s'agit d'un bon livre, littérairement parlant, mais aussi parce que depuis ce temps où Juminer en dévoilait le pathétique et la gravité, et en dépit des efforts individuels et des luttes collectives, la blessure qui atteint le sujet antillais en son être reste ouverte et douloureuse. Aliénation, crise d'identité, parole en quête de signifiants fondateurs, ambivalence révolte-séduction face à l'Autre blanc marquent toujours la conscience et la pratique de beaucoup d'Antillais. Ce livre, qui naguère en témoignait, reste, hélas, actuel.

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Deux raisons manifestes justifient la réédition du premier roman de Bertène Juminer, publié en 1961. Tout d'abord, parce qu'il s'agit d'un bon livre, littérairement parlant, mais aussi parce que depuis ce temps où Juminer en dévoilait le pathétique et la gravité, et en dépit des efforts individuels et des luttes collectives, la blessure qui atteint le sujet antillais en son être reste ouverte et douloureuse. Aliénation, crise d'identité, parole en quête de signifiants fondateurs, ambivalence révolte-séduction face à l'Autre blanc marquent toujours la conscience et la pratique de beaucoup d'Antillais. Ce livre, qui naguère en témoignait, reste, hélas, actuel.

Bertène Juminer est né en 1Bertène Juminer est né le 6 août 1927 à Cayenne (Guyane), d'un couple guyano-antillais : son père est guyanais et sa mère guadeloupéenne. Juminer débute en littérature avec Les bâtards, roman au titre choquant qui s'inspire de ses propres déboires en France. Il situe son roman dans le Paris des années 1930, où vit son protagoniste, prototype de l'étudiant guyanais. Juminer radiographie la condition d'exil et d'étiolement des Antillais et des Guyanais en métropole, puisant dans sa propre expérience, médecin formé en France et actif dans son propre pays et dans plusieurs colonies françaises. En effet, Juminer entre en fonction d'abord à Saint-Laurent de Maroni, la deuxième ville de Guyane (de 1956 à 1958), puis pratique la médecine générale en Tunisie (à Tunis de 1958 à 1966) et au Sénégal pour une courte période.


Son expérience de médecin révèle à Juminer la maléfique hiérarchie coloniale. Il constate partout l'affreuse division entre colons et colonisés, ainsi que celle entre les colonisés français de première et seconde zone. Cette division est entretenue par les Français, rendue possible par la politique de l'assimilation à laquelle son confrère, Léon-Gontran Damas, lui aussi, s'opposait. Le clivage entre insulaires et continentaux, d'une part, entre Guyanais et Martiniquais, d'autre part, est épinglé et surtout le complexe de « supériorité » de ces derniers à l'égard des Guyanais. Ce racisme de ceux qui se croient supérieurs aux habitants de cette ex-colonie pénitentiaire endommage l'unité caribéenne.


Après ses années de service médical, Juminer rentre aux Antilles. Il y est élu vice-président du Conseil Économique et Social Régional de la Guadeloupe, et il cumule les fonctions de président du Conseil d'Administration de la Société Immobilière de l'île et préside le Conseil Scientifique de l'Observatoire Régional de la Santé en Guyane.


Bertène Juminer donne une opinion désopilante de sa propre écriture. Niant qu'il soit écrivain, Juminer déclare : « Je ne saurais être le premier romancier guyanais » (propos tenus au « Pit a pawol »). Agrégé de médecine, recteur de l'Académie des Antilles-Guyane de 1982 à 1987, Bertène Juminer collabore avec l'UNESCO et est chargé en tant que président de « l'Association de gestion et d'animation ».


Stimulant l'interculturalité, Bertène Juminer valorise le créole, une des nombreuses langues en Guyane, pays amérindien. Avec Christiane Taubira (et Dudley Thompson, Suzy Castor ou encore Howard Dodson), Juminer condamne vivement l'esclavage comme crime contre l'humanité. Il introduit la notion de « réparations » au colloque organisé à Paris le 21 mai 2001 par le Comité « Devoir de mémoire », intitulé : « Esclavages et réparations ». Toute sa vie, il a lutté pour sortir la Guyane et les Antilles de l'impasse socio-économique et politique. Sa signature sous le « Manifeste pour refonder les DOM » (Le Monde du 21 janvier 2000), signé en 2000 avec Patrick Chamoiseau, Édouard Glissant et Gérard Delver, témoigne combien, jusqu'à la veille de sa mort, il s'est engagé pour couper le cordon ombilical entre la France et les DOM, tout en soudant les rapports entre Antillais et Guyanais. Il meurt le 26 mars 2003.




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