Îles de tempête DADIÉ Bernard

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Après l'autonomie de l'île de Saint-Domingue obtenue par les Noirs malgré la ségrégation raciale et la répression, Toussaint Louverture fait part à Dessalines de son projet d'union de toutes les classes et de toutes les communautés de couleur.

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Après l'autonomie de l'île de Saint-Domingue obtenue par les Noirs malgré la ségrégation raciale et la répression, Toussaint Louverture fait part à Dessalines de son projet d'union de toutes les classes et de toutes les communautés de couleur. Mais Dessalines rétorque que jamais les Blancs n'accepteraient de s'unir aux Nègres et propose la cassure définitive avec la France en proclamant l'Indépendance de Saint-Domingue. Toussaint Louverture refuse, comme il refusera l'appui financier et militaire de l'Angleterre qui l'incitait à l'Indépendance. Pour bien marquer son attachement à la France, il fait interdire le vaudou, suspecté d'être un foyer de troubles ; seule l'Eglise désormais a droit de cité, avec des prières dites en latin. Toussaint Louverture s'interroge par ailleurs sur le silence de Bonaparte à qui il a déjà envoyé plusieurs messages pour l'assurer de sa loyale collaboration ; serait-il, malgré toutes ses concessions, devenu encombrant ?
Moyse, l'un de ses compagnons de lutte lui reproche de tenir les mêmes propos que les colons d'hier et lui demande de distribuer les terres aux paysans. Toussaint Louverture refuse.
Pendant ce temps, à Paris, Bonaparte s'inquiète de la situation dans l'île et charge le général Leclerc d'aller y rétablir l'ordre.
Devant la menace de Bonaparte, Toussaint décide d'alerter toute l'Europe... Mais les consciences européennes restent sourdes.
La guerre éclate : c'est un désastre pour Saint-Domingue. Toussaint Louverture décide alors d'arrêter le massacre, d'autant que l'on vient de lui apporter un message du général Brunet l'invitant, en des termes plutôt conciliants, à venir discuter de la situation dans l'île. Malgré les appréhensions de ses proches qui flairent un piège, il décide de s'y rendre : “ J'ai confiance en la parole des Français ”... Toussaint Louverture est arrêté par quatre policiers. Sur ordre du général Brunet !
Toussaint Louverture emprisonné au Fort de Joux où il meurt.

 

Texte de Koffi Kwahulé


Bernard Dadié, de son nom dorigine Koffi Binlin Dadié, est né le 10 janvier 1916 à Assinie au sud de la Côte dIvoire. A sept ans, il part vivre dans la plantation dun oncle à Bingerville puis rejoint son père qui le confie à un instituteur de Dabou, Bernard Sétigui Sangaré, dont il prend le prénom au moment de son baptême en 1925. En juin 1933, il entre à l’École William-Pontyde Gorée, la célèbre pépinière de l’élite africaine de l’époque. Cest là que se révèle sa vocation d’écrivain. On lui confie le rangement de la bibliothèque de l’école, ce qui lamène à découvrir tous les plus grands auteurs. Il lit également des journaux africains ou venus dEurope, parfois échangés clandestinement, qui préparent et modèlent son futur engagement politique. En 1936, il est affecté en qualité de commis de lAdministration à la Direction Générale de lEnseignement de Dakar, puis aux Archives. Son militantisme politique trouve à s’épanouir au sortir de la guerre : il collabore activement à des journaux, en particulier la Communauté, un hebdomadaire qui soppose à la Déclaration de Brazzaville et qui appelle à lIndépendance des pays dAfrique. Il est à cette époque le Responsable de Presse du Parti Démocratique de Côte dIvoire (PDCI) et il fait également partie du RDA (Rassemblement Démocratique Africain), fondé en 1947 par Félix Houphouët-Boigny, ce qui lui vaut d’être incarcéré par ladministration coloniale, à la suite des émeutes survenues à Grand-Bassam en 1949. Il tient un journal en prison, quil publie en 1981. À partir de 1956, Bernard Dadié multiplie les voyages, qui constituent la matière principale de ses romans : Un Nègre à Paris (Présence Africaine, 1959), Patron de New-York (Présence Africaine, 1964), Hommes de tous les continents (Poèmes, Présence Africaine, 1967), La Ville où nul ne meurt (Présence Africaine, 1969). Tous ces livres témoignent dune extraordinaire attention au monde en même temps que dune quête didentité parfois douloureuse, car elle se mène au contact de lautre ou de l’étranger. Auteur dune oeuvre particulièrement prolifique, il sest essayé à tous les genres, le roman, lessai, la poésie. Il est aussi reconnu pour ses nombreuses pièces de théâtre, comme par exemple Monsieur Thôgô-Ghini, paru chez Présence Africaine en 1970. À la suite de lIndépendance de la Côte dIvoire en 1960, Bernard Dadié rejoint ladministration de Félix Houphouët-Boigny et devient chef de cabinet du ministre de l’Éducation nationale. Il occupe la fonction de Ministre de la Culture et de lInformation entre 1977 et 1986.  Bernard Dadié s’éteint le 9 mars 2019 à l’âge de 103 ans. Sil est toujours resté à l’écart des auteurs de la Négritude, il en a exprimé lessence dans des vers restés célèbres : 


 


« Je vous remercie mon Dieu de mavoir créé Noir 


Le blanc est une couleur de circonstance, le noir la couleur de tous les jours. 


Et je porte le Monde depuis laube des temps 


Et mon rire sur le monde, dans la nuit, crée le jour »  

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