L'autre mémoire du crime contre l'humanité MBEMBA Jean-Martin

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Au procès de Klaus Barbie, à Lyon, en 1987, l'espèce humaine tout entière était supposée partie civile.
[. ] Pour l'accusation, pour les parties civiles, pour les témoins à charge, pour tous ceux qui, dans la presse ou dans la grande salle du Palais de justice, attendaient, réclamaient et applaudirent la condamnation, l'ancien SS n'était rien de moins que la figure emblématique du Mal, le bouc émissaire que la société doit périodiquement et rituellement égorger pour se redonner bonne conscience et refaire son unité sur la base d'une haine partagée.
Mais, de leur côté, ce n'était pas vraiment pour les beaux yeux d'un vieux nazi qu'un avocat métèque et métis, un avocat arabe et un avocat africain s'étaient retrouvés au banc de la défense. Puisqu'il était question de crimes contre l'humanité, et d'en punir les coupables, les avocats étaient venus plaider moins pour le criminel, que pour l'humanité, pour toute l'humanité, et d'abord pour nous dire que celle-ci ne se réduit pas à la race blanche, à ses hauts faits et à ses règlements de comptes, que l'Afrique, l'Asie et l'Europe n'ont pas forcément le même point de vue sur la justice et sur l'histoire, pour faire entendre au tribunal - à la tribune - de Lyon la voix de ceux que l'on n'entend pas, une parole étouffée, différente, insupportable.
Car c'est à une révision déchirante de l'histoire, et donc de notre morale - que nous appelons la morale - et donc de notre justice - que nous appelons la justice - que nous invite Me Mbemba, sans trémolos, sans emphase mais sans détours

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Au procès de Klaus Barbie, à Lyon, en 1987, l'espèce humaine tout entière était supposée partie civile.
[. ] Pour l'accusation, pour les parties civiles, pour les témoins à charge, pour tous ceux qui, dans la presse ou dans la grande salle du Palais de justice, attendaient, réclamaient et applaudirent la condamnation, l'ancien SS n'était rien de moins que la figure emblématique du Mal, le bouc émissaire que la société doit périodiquement et rituellement égorger pour se redonner bonne conscience et refaire son unité sur la base d'une haine partagée.
Mais, de leur côté, ce n'était pas vraiment pour les beaux yeux d'un vieux nazi qu'un avocat métèque et métis, un avocat arabe et un avocat africain s'étaient retrouvés au banc de la défense. Puisqu'il était question de crimes contre l'humanité, et d'en punir les coupables, les avocats étaient venus plaider moins pour le criminel, que pour l'humanité, pour toute l'humanité, et d'abord pour nous dire que celle-ci ne se réduit pas à la race blanche, à ses hauts faits et à ses règlements de comptes, que l'Afrique, l'Asie et l'Europe n'ont pas forcément le même point de vue sur la justice et sur l'histoire, pour faire entendre au tribunal - à la tribune - de Lyon la voix de ceux que l'on n'entend pas, une parole étouffée, différente, insupportable.
Car c'est à une révision déchirante de l'histoire, et donc de notre morale - que nous appelons la morale - et donc de notre justice - que nous appelons la justice - que nous invite Me Mbemba, sans trémolos, sans emphase mais sans détours

Avocat depuis 1969, Jean-Martin Mbemha est inscrit au Barreau de Brazzaville à partir de 1975. Derniers grands procès : des présumés assassins du président Marien Ngouabi au Congo ; Abdoulaye Wade, en 1988 au Sénégal ; Thystère Tchicaya et le colonel Nzalakanda au procès de Brazzaville au Congo ; il s'est notament chargé de la défense des étudiants et enseignants béninois membres du PCD.

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