L'Europe, l'Afrique et la folie MOURALIS Bernard

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Dans l'immense production qui se développe en Europe, à partir du XVIe siècle, à propos de l'Afrique et de l'homme noir, dans le domaine de l'essai (anthropologie, psychiatrie) comme dans celui de la fiction, court un fil : l'assimilation de l'Afrique à la folie.
Cette assimilation qui aboutit à faire de l'Afrique la part maudite de l'Occident n'est cependant pas totalement réductible à une logique impériale et impérialiste de la péjoration, car elle révèle aussi, parfois de façon pathétique, un désir de penser l'Autre en tant que tel et de lui conférer le statut d'objet scientifique. Tel est le point de départ d'une réflexion qui se propose en particulier de montrer comment les écrivains africains et antillais ont réagi à ce discours assimilant l'Afrique à la folie et à la maladie, selon une ligne qui les conduit de l'imaginaire au symbolique en passant par une tentative visant à élaborer une théorie de la maladie mentale au sein d'une société dominée (Fanon).
Au terme (provisoire) de ce parcours, peut-être découvrira-t-on que la littérature véhicule, à sa façon, un savoir, mais qu'elle ne peut y parvenir qu'à la condition d'avoir pris conscience que de l'Autre il n'y a rien de spécial à dire. Car, vouloir penser l'Autre et se penser à travers la catégorie de la folie et de la maladie, loin d'être l'affirmation d'une singularité, voire d'une stigmatisation, apparaît en définitive comme une inlassable revendication d'appartenance à l'humanité, puisque rien n'est plus humain que la folie et la maladie

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Dans l'immense production qui se développe en Europe, à partir du XVIe siècle, à propos de l'Afrique et de l'homme noir, dans le domaine de l'essai (anthropologie, psychiatrie) comme dans celui de la fiction, court un fil : l'assimilation de l'Afrique à la folie.
Cette assimilation qui aboutit à faire de l'Afrique la part maudite de l'Occident n'est cependant pas totalement réductible à une logique impériale et impérialiste de la péjoration, car elle révèle aussi, parfois de façon pathétique, un désir de penser l'Autre en tant que tel et de lui conférer le statut d'objet scientifique. Tel est le point de départ d'une réflexion qui se propose en particulier de montrer comment les écrivains africains et antillais ont réagi à ce discours assimilant l'Afrique à la folie et à la maladie, selon une ligne qui les conduit de l'imaginaire au symbolique en passant par une tentative visant à élaborer une théorie de la maladie mentale au sein d'une société dominée (Fanon).
Au terme (provisoire) de ce parcours, peut-être découvrira-t-on que la littérature véhicule, à sa façon, un savoir, mais qu'elle ne peut y parvenir qu'à la condition d'avoir pris conscience que de l'Autre il n'y a rien de spécial à dire. Car, vouloir penser l'Autre et se penser à travers la catégorie de la folie et de la maladie, loin d'être l'affirmation d'une singularité, voire d'une stigmatisation, apparaît en définitive comme une inlassable revendication d'appartenance à l'humanité, puisque rien n'est plus humain que la folie et la maladie

Bernard Mouralis est actuellement professeur à l'Université de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) où il dirige le département des Lettres modernes.
Il a enseigné dans plusieurs universités d'Afrique noire ainsi qu'à l'Université de Lille III. Spécialisé dans l'étude de la littérature négro-africaine, il a publié dans ce domaine Individu et collectivité dans le roman négro-africain (1969), Les Contre-littératures (1975) L'œuvre de Mongo Beti (1981), Littérature et développement (1984) et V. Y. Mudimbe ou le Discours, l'Ecart et l'Ecriture (1988) ainsi que de nombreux articles.

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