Du 26 au 27 octobre 2019, la maison d’édition Présence Africaine créée en 1949 par Alioune Diop célèbrera ses 70 ans.

Cette célébration se déroulera dans le cadre des Universités de la Rentrée de Présence Africaine – URPA - à La Colonie, lieu de ʺSavoir-vivreʺ et de ʺFaire-savoirʺ pour reprendre les termes de ses créateurs.

Plusieurs tables-rondes se tiendront autour du thème 70 ans de transmission pour célébrer cet anniversaire. A cette occasion, nous offrirons à nos auteurs et à nos lecteurs, une plateforme pour échanger autour des grands enjeux de l’Afrique et du Monde Noir en ce XXIe siècle naissant.

En présence de Wole Soyinka, Ngugi Wa Thiong’o, Djibril Tamsir Niane, Théophile Obenga, Abd Al Malik et de nombreux autres invités prestigieux, seront abordées des thématiques actuelles comme le panafricanisme, les nouveaux styles de roman, l’art « nègre » et la question des restitutions, ... sans oublier les grandes étapes de la revue Présence Africaine, également éditée par la maison.

 

SAMEDI 26 OCTOBRE

PRÉSENCE AFRICAINE : “UNE TRIBUNE, UN MOUVEMENT, UN RÉSEAU”
10H-11H

ROMUALD FONKOUA / DANIEL MAXIMIN / SARAH FRIOUX-SALGAS /TIRTHANKAR CHANDA (M)

Depuis sa création, la Revue Présence Africaine, fondée par Alioune Diop en 1947, éditée jusqu’à ce jour par la maison d’édition du même nom, s’est constituée comme un espace d’expression et de circulation des pensées et des cultures, africaines et afro descendantes dans le monde entier. « Une tribune, un mouvement, un réseau » est le triptyque évocateur et lourd de sens qui servira de titre à l'exposition qui lui fut dédiée en 2009 au Musée du Quai Branly Jacques Chirac. Dix en plus tard, à l'occasion de la célébration de son soixante dixième anniversaire,la maison d’édition consacre cette première table-ronde à un hommage à cette revue emblématique. Comme un témoin, depuis la Négritude jusqu’à l’émergence contemporaine de nouveaux questionnements, elle a su encapsuler les débats les plus féconds du « Monde Noir » sur le plan tant philosophique, que politique, historique ou littéraire, afin d’en assurer la transmission de générations en générations. Comment continue-t-elle d’honorer cette mission aujourd’hui ?

 

DOCUMENTAIRE : ALIOUNE DIOP, tel qu’ils l’ont connu…
11H05 – 11H35

 

COMMENT TRANSMETTRE L’HISTOIRE ?
11H45-12H45

DIEUDONNÉ GNAMMANKOU / DJIBRIL TAMSIR NIANE / ELIKIA M’BOKOLO/ THÉOPHILE OBENGA /MAMADOU DIOUF (M)

Présence Africaine a très tôt offert aux pionniers de l’histoire africaine (Joseph Ki-Zerbo, Abdoulaye Ly, Cheikh Anta Diop, J. F. A. Ajayi, A. Boahen, B. Ogot …), une plateforme à partir de laquelle ils se sont engagés résolument dans l’entreprise de réaménagement des territoires de l’histoire et de la science historique. Ils ont ainsi indexé des lignes de fractures qui ont alimenté débats et controverses lesquels ont un effet sur la constitution des archives et leur diversification, les méthodes et théories d’exploitation de ces dernières, la composition des récits et l'architecture de l’interprétation. Il s’agira d’identifier et d'analyser les interventions des pionniers de l’histoire africaine et de leur contribution à la discipline historique.

 
DU PANAFRICANISME A "L’AFROSCEPTICISME” 
13H45-14H45

ELIKIA M’BOKOLO / AMZAT BOUKARI-YABARA / OUSMANE NDIAYE (M)

Panafricanisme, afro-optimisme, afro-scepticisme ou l’art de penser, panser et repenser l’Afrique à l’aune d’enjeux et d’agendas en constante évolution: ces problématiques sont au cœur des préoccupations de nombreux auteurs. Le panafricanisme est un référent essentiel dans le débat politique africain d’hier et d’aujourd’hui; des projets de l’unité politique à la critique des régimes postcoloniaux en passant par les mouvements de “retour”: comment se pensent l’Afrique et ses diasporas, dans le Monde au XXIe siècle ? Qui sont les porteurs d’énergies ?



MOMENT LECTURE
14H50 – 15H00

JUSSY KIYINDOU

 

PANORAMA DES PHILOSOPHIES AFRICAINES
15H10-16H10

SÉVERINE KODJO-GRANDVAUX / YOPOREKA SOMET / PHILIPPE GOUËT / JEAN-LUC AKA ÉVY (M)

La Philosophie bantoue, de Placide Tempels, est le premier ouvrage publié par les éditions Présence Africaine en 1949. Cet ouvrage polémique et controversé a été le support et le point de départ de nombreux et riches débats sur les philosophies africaines dans la revue et ailleurs. Depuis lors, les éditions Présence Africaine ont toujours eu à cœur de nourrir et de publier les recherches, réflexions et questionnements sur l’histoire, le présent et l’avenir de la philosophie en Afrique comme dans ses diasporas. La nouvelle collection de Présence Africaine, “La philosophie en toutes lettres”, dirigée par Souleymane Bachir Diagne, qui publie en 2013, L’Encre des savants dans cette collection, élargit le débat philosophique aux sciences et techniques, aux langues et aux religions. Quelle forme prend aujourd’hui le questionnement sur la philosophie africaine, et autour de quelles thématiques s’articule-t-il ? 

 

TRADUIRE POUR TRANSMETTRE
16h15-17h45

THÉOPHILE OBENGA / WOLE SOYINKA / NGUGI WA THIONG’O / CHRISTIANE FIOUPOU / MARTIAL ZE BELINGA(M)

De Chinua Achebe à Wole Soyinka en passant par Ngugi Wa Thiong’o, Présence Africaine a accompli un travail colossal et historique en matière de transmission d’œuvres majeures du monde noir et ce, grâce à la traduction. En rendant accessible des œuvres emblématiques au delà des limites de leur espace linguistique originel, Présence Africaine, comme souvent, a endossé le rôle de caisse de résonance pour ces discours en langues étrangères mais aussi de passerelle entre le français, l’anglais, et les autres langues du monde y compris celles présentes sur le continent comme le wolof et le swahili notamment. Dans un espace monde de moins en moins cloisonné culturellement, comment faire face aux enjeux du multilinguisme des littératures africaines et afro descendantes et assurer la continuité de la diffusion des pensées noires au-delà de l’écueil linguistique ?

 

PERFORMANCE ARTISTIQUE : DISCOURS SUR LE COLONIALISME (d'Aimé Césaire)
17H55-18H55

MARIANN MATHÉUS (Compagnie Moun San Mele)

 

 

DIMANCHE 27 OCTOBRE

 

NOUVELLES PLUMES…
10H00-11H00

ROSY HAUSTANT / FANTAH TOURÉ /JUSSY KIYINDOU / AMINATA PAGNI / STÉPHANIE HARTMANN (M)

 

MOMENT LECTURE
11H05 – 11H15

Collectif ON A SLAME SUR LA LUNE

 

DESTINS DE FEMMES...
11H25-12H25

JOSEPH MWANTUALI / VALÉRIE CADIGNAN / SYLVIA SERBIN / RÉASSI OUABONZI (M)

La question de la place des femmes dans la fiction comme dans l’Histoire ou la société, constitue un axe fécond de création, de réflexion et de recherche dans les littératures africaines et afrodescendantes. Figures emblématiques, icônes historiques, personnages mythiques, autrices, pionnières, les femmes, dans l’ombre ou la lumière, ont toujours occupé une place centrale voire charnière. A travers un grand nombre de poèmes, de romans (Maïmouna) ou d’essais (Femmes de l’ombre et grandes royales), leurs voix se font entendre et leurs destins se dessinent, se font et se défont au gré de leur propre imagination ou au gré de celle de ceux qui les rêvent. Que disent les littératures africaines et afro descendantes des femmes qui peuplent leurs récits et leurs écrits, sur un continent où coexistent pouvoir matriarcal, matrilinéarité et matrifocalité millénaires, et patriarcat importé ? À l’heure des féminismes contemporains, de l’afro-féminisme ou du féminisme décolonial, comment s’écrivent les femmes africaines dans la littérature du XXIe siècle ?

DOCUMENTAIRE : LES STATUES MEURENT AUSSI (de Chris Marker et Alain Resnais)
13H30-14H00

 

PRÉSENCE AFRICAINE ET LES ARTS
14H05-15H05

NAÏL VER NDOYE / NOURÉINI TIDJANI-SERPOS / JEAN-LUC AKA ÉVY (M)
Depuis le premier Congrès international des écrivains et artistes noirs de 1956 organisé par la revue Présence Africaine et Alioune Diop, les éditions Présence Africaine, à l’instar des penseurs et poètes de la Négritude, ont toujours pensé la littérature en dialogue avec les autres formes d’art, la musique, la danse, et notamment avec la sculpture et la peinture. Et pour cause, Les statues meurent aussi, film incontournable et aujourd’hui canonique d’Alain Resnais et Chris Marker, sur l’art dit « nègre » est le résultat d’une commande de Présence Africaine. Quelques années plus tard, Alioune Diop et la Societé Africaine de Culture conçoivent le Festival mondial des arts nègres en 1966, qui se tiendra à Dakar. Visionnaire, Alioune Diop pensait déjà la littérature africaine comme partie intégrante d’un tout nommé « culture » et a instillé chez Présence Africaine un intérêt singulier pour la valorisation des arts africains et afrodescendants.

MOMENT LECTURE
15H10 – 15H20

Collectif ON A SLAME SUR LA LUNE

STYLES ET TRANSMISSION À TRAVERS LE ROMAN
15H30-16H30

JEAN-ROGER ESSOMBA/ MOHAMED MBOUGAR SARR/ FATHIA RADJABOU/  KEN BUGUL/ YVAN AMAR (M)

Le roman est un vecteur de diffusion et de transmission de questionnements aussi bien identitaires, historiographiques que politiques ou philosophiques par les biais de la fiction et de l’imaginaire. Présence Africaine a toujours occupé une posture particulière dans l’émergence et le développement du roman africain et n’a jamais cessé de jouer un rôle moteur dans la promotion de jeunes auteurs, dont bon nombre aujourd’hui sont devenus des classiques de la littérature africaine. On pense naturellement à des auteurs comme Bernard Dadié, Seydou Badian, ou encore Mongo Beti.  Les plumes sont en constante évolution, de même que les thèmes et les styles d’écriture. Depuis la Négritude et l’anticolonialisme, comment a évolué le roman africain ? Aujourd’hui, comment se transmet l’héritage des premiers romanciers africains et comment celui-ci dialogue-t-il avec les nouvelles problématiques identitaires soulevées par le roman africain contemporain ?

MOMENT LECTURE : Black Orpheus de Jean-Paul Sartre
16h40 – 16H50

LAÏKA THOMAS

LETTRES A LA SCÈNE COMME À L’ÉCRAN

17H00-18H30

ABD AL MALIK / VÉRONIQUE KANOR / VALÉRIE BERTY / MARIANN MATHÉUS /ROMUALD FONKOUA (M)

La littérature africaine, héritière d’une longue tradition d’oralité voire d’oraliture a fait corps au carrefour entre la voix et les mots, le dire et l’écrire. Ainsi la transmission des lettres ne s’effectue pas uniquement par et dans les livres, encore moins dans le monde culturel africain et afro-descendant. Bon nombre d’œuvres poétiques et romanesques, sont transposées à l’écran comme à la scène, mêlant ainsi différents moyens d’expression artistique, différents codes et différents outils discursifs. Ces moyens pluriels offrent des voies de popularisation voire de vulgarisation à la poésie, en la transmettant à la fois par le livre et l’adaptation scénique. Comment ces dialogues interdisciplinaires constituent-ils une richesse pour la littérature africaine et un atout pour sa transmission ?

LECTURES CROISÉES...

18H40 – 19H00

ABD AL MALIK & VERONIQUE KANOR